Histoire de la consommation de viande

Pour beaucoup d'entre nous, manger de la viande est quelque chose de naturel et surtout : d'essentiel. Nous serions des omnivores et donc, fatalement, nous devrions manger une viande à chaque repas. Pourtant, cette croyance est très récente.

Remontons au moyen-âge. À cette époque, les seigneurs régnaient sur leurs terres, travaillées par les serfs à qui ils apportaient la protection. La protection contre les envahisseurs barbares… mais très peu finalement. Une invasion, ça met du temps à se préparer, il restait donc de long mois sans guerre entre humains. Pourtant, le seigneur avait quand même du travail pour sécuriser ses terres et ses serfs de dangers bien plus proches : les bêtes sauvages. Et oui, ce sont les sangliers et autres cerfs, avec un c, cette fois, qui étaient les plus fréquent dévastateurs de champs qu'il fallait alors tuer. Le seigneur avait ce privilège de la chasse. Elle était formellement interdite aux serfs et le braconnage était gravement puni. Pendant que les seigneurs se délectaient de gibiers, les paysans ne mangeaient que ce qui sortait de la terre : des végétaux.

L'élevage existe pourtant depuis des siècles. Mais quelque chose de très important n'existe que depuis peu : le moteur à explosion. Ainsi, avant l'apparition du tracteur, le moteur, c'était l'animal. L'élevage servait donc à produire des moteurs pour tirer des charrues, des charrettes, des outils, ou être montés. Il était inconcevable de manger l'outil qui allait servir pendant des années à récolter la nourriture de base telle que le blé. La bête vivait pendant plusieurs années jusqu'à ce que le labeur en vienne à bout. Les paysans mangeaient alors la bête en faisant cuire longuement la chair coriace. C'est pour cela qu'on retrouve dans la gastronomie traditionnelle des plats à longue cuisson comme la poule au pot, le pot-au-feu, le bœuf bourguignon et autres daubes.

Ce privilège de la chasse a perduré jusqu'au 18° siècle. Jusqu'à la révolution, c'étaient les nobles qui chassaient. Le peuple lui, se nourrissait essentiellement de pain. Puis jusqu'au 20° siècle, la nourriture s'est accompagnée de viandes de basse cours telles que des poules ou des cochons, mais surtout des animaux nuisibles. Encore une fois, les animaux étaient principalement tués pour les empêcher de nuire aux récoltes. Les animaux de basse cours étaient aussi des outils avant d'être des produits de consommation : les poules pondent les œufs, les cochons produisent le lisier.

Puis vint le moteur à explosion. Les élevages se sont progressivement retrouvés à produire des bêtes rendues inutiles par les tracteurs. Mais l'industrie a trouvé une alternative pour vendre leurs animaux : nous proposer de les manger. Et c'est ainsi qu'après la seconde guerre mondiale, les états unis ont inondé nos marchés avec leur lait et leurs viandes bovine à coup de propagande qui perdure toujours aujourd'hui dès la petite enfance : il faut consommer au moins un produit laitier par jour sous peine de graves carences en calcium.

La consommation de viande est très récente. Ce n'est pas dans la nature de l'homme qui ne consomme la viande que quand il y est obligé. Il a toujours favorisé les végétaux, principalement parce qu'ils sont plus facile à produire, mais aussi parce qu'ils suffisent à son alimentation. Cela ne fait pas encore un siècle que nous consommons à outrance de pauvres bêtes produites pour être tuées. Cela ne devrait pas durer encore très longtemps, mais c'est à nous tous de le réaliser et de changer de régime. D'autant plus que la technologie actuelle nous permet de synthétiser les nutriments qu'il nous manquerait en nous passant complètement de viande comme la vitamine B12. Au lieu d'utiliser la technologie pour tuer encore plus d'animaux et détruire la planète au passage, il serait plus intelligent de l'utiliser pour nous nourrir uniquement de végétaux non ?